Gallimard (réédition numérique FeniXX)

  • Tel un musicien pour se délasser se laisse aller à une composition sans plan déterminé, pour nous faire entendre ses fantaisies sur les thèmes les plus variés, Francis de Miomandre nous ouvre un univers des plus variés où il accueille les plus humbles choses de la vie quotidienne : une bulle de Champagne, une touffe de chiendent, une pierre. Les ayant accueillies, il les pénètre, leur insuffle son âme emplie d'amour universel, leur prête nos sentiments humains, nos rêves, nos déceptions, et jusqu'à nos larmes. Puis il nous enchante par de petites histoires, vrais contes d'Andersen où l'humour se mêle au lyrisme et nous révèle quelques-uns des symboles les plus pathétiques de notre absurde existence, nous fait entrevoir les vérités les plus profondes. Ce livre que l'on peut ouvrir n'importe où, lire dans tous les sens sans perdre un iota de son charme et de sa haute portée philosophique est enveloppé d'un halo de féerie, d'une vapeur somnambulique, et l'on se demande où est le réel, où est le rêve parce que les envols du songe reposent sur les bases solides de la plus lucide connaissance de la réalité. « Caprices » est un pas de plus sur la voie royale que l'artiste a empruntée depuis « Direction Étoile », « Le Fil d'Ariane », « Samsara », les « Jardins de Marguilène », « Fugues », avec une sûreté sans cesse plus grande. Tout frémissant d'amour bouddhique et nimbé du sourire tendre et mélancolique de la sagesse, « Caprices », dans un style de plus en plus dépouillé et ruisselant de poésie, nous amuse, nous enchante et nous laisse au bord de cette angoisse métaphysique qui préoccupe tant d'écrivains plus réalistes.

  • Un groupe de Juifs riches et pauvres s'embarquent en 1942 à Marseille pour l'Amérique. Ce départ est pour la plupart un départ vers l'inconnu. Ils font escale à Casablanca dans un camp de réfugiés. Puis un second bateau les prend qui les emmène à New York. Séparés pendant la durée de la traversée, non seulement de la France, mais du monde, et réduits à eux-mêmes, privés du secours de leurs habitudes et de leurs attaches sociales, ils tenteront néanmoins de reconstituer très exactement, avec toutes ses erreurs et ses insuffisances, la société qui les a rejetés. Le livre de Claudine Hermann est fait des portraits et des actions des émigrants : la baronne Gunsberg, snob et égoïste, la sympathique famille Wormser, le peintre Koch qui meurt en arrivant à New York, le docteur Gles, psychiatre, et quelques jeunes gens. Tous ces personnages sont peints à petites touches, avec beaucoup de vérité et de finesse. L'art de Claudine Hermann fait que chacun, en raison des circonstances difficiles où il est plongé, en raison aussi des promiscuités, finit par révéler, bon gré mal gré, sa réalité profonde. En même temps qu'un roman très vivement et très intelligemment mené, Claudine Hermann a donné, avec l'Étoile de David, l'image de la sensibilité d'une certaine époque.

  • Le monde est fou. La seule sagesse est de chasser le plaisir dans les forêts de l'absurde, en attendant que la terre nous manque sous les pieds, pense Marc Lascaut. Seulement, on ne perd pas sur ordre le goût des grands sentiments périmés. Les hommes ont autant besoin d'aimer, de croire et d'agir que de respirer. D'où cette révolte sans cause qui pousse à être, par défi, encore plus fou que le monde. Mais une brume noie les bords du Rhin, en même temps que l'égoïsme sarcastique de Marc. Il rencontre Isolde, qui semblait l'attendre, et l'amour frappe comme la foudre. Il essaye de fuir, de se débattre contre cet amour absolu qui l'obligerait à accepter l'espoir, les responsabilités, le don de soi. Et chacun de ses efforts l'enfonce plus avant dans cette vieille évidence qu'il faut, pour sauver sa vie, accepter de la perdre. Comme les deux premiers romans de Gabriel Veraldi, Le Chasseur captif se passe sur deux plans étroitement mêlés ; celui des rapports entre l'homme et les mystères de son destin ; celui de l'aventure, de la satire et de la comédie quotidienne. Dans un style qui passe en jouant de l'humour glacé à la mélancolie, de la raillerie de soi-même à la passion, il raconte comment un grand amour bouscule toutes les prudences avec un aveuglement de force naturelle.

  • La révolution a triomphé dans le pays des frères Cyclopus. Les voisins du pays révolutionnaire affaibli s'apprêtent à s'en emparer, sans coup férir, par un jeu de traités. Le général dom Franquin est envoyé sur place en « mission ». Qui est-il ? Pour ses employeurs, un imbécile discipliné : l'idéal. Mais, hilare, coléreux, violent, rusé, volontiers ignoble, énorme, vivant, intelligent et actif, « Francoquin » va vite (chez lui la limite entre le quotidien et l'histoire est aussi vague qu'une limite d'eaux territoriales : l'océan de part et d'autre, avec ses marées, son écume, ses lames de fond !) se révéler digne du surnom que lui donne Filasse sa maîtresse... Sept jours durant, pas à pas, nous filerons Francoquin de forêt en plaine, de coteau en saloon, de bordel en palais, à travers le pays cyclopéen (il se passe tant de choses en sept jours !), et quand Francoquin rentrera d'une expédition sur la frontière, le quotidien sera pathétiquement présent au rendez-vous... Un livre cocasse, violent, baroque, un humour noir cruel, un livre ouvertement à contre-courant, qui se réclame de la tradition la plus picaresque (de Cervantès à Céline en passant par Scrarron, Grimmelshausen, Fielding, Toepffer, etc.) mais aussi de Faulkner.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Pierre Moinot a écrit pour la télévision (FR 3) le scénario et les dialogues de ce Mazarin. Le film comprend quatre épisodes qui ont été réalisés par Pierre Cardinal. Le premier épisode s'intitule « Le Roi est mort, vive le Cardinal », le second « Les princes en cage », le troisième « Le fugitif », et le quatrième « Les enfants qui s'aiment ». Mazarin apparaît ici comme l'antithèse de Richelieu. Le cardinal de Richelieu avait fait régner la terreur, pour décapiter les factions. Mais de l'excès de terreur était née la révolte, la guerre civile. Mazarin, plus politique, fut un pacificateur. Selon la formule de Lamartine : « C'est Mazarin qui fut le grand ministre, c'est Richelieu qui fut le grand vengeur. » Au contraire du « grand vengeur », ce « grand ministre » n'a jamais fait verser le sang. Passionnément dévoué à la France à laquelle il s'est identifié, il le fut plus encore à son filleul, cet enfant dont il a fait un roi. Quand Mazarin meurt, à Vincennes, dans son lit, il remet à Louis XIV les rênes d'une France pacifiée, où les factieux sont devenus des courtisans. Pour citer encore Lamartine : « Malheur au peuple qui estime Richelieu et qui ne comprend pas Mazarin ! »

  • Après une guerre faite brillamment, Gabriel, héros désaffecté, revient à Vichy pour y vivre seul dans la librairie héritée de ses parents. La jeune fille qu'il aimait avant la guerre s'est mariée en son absence. Les compagnons qu'il se découvre, les femmes qui deviennent ses maîtresses l'aident à se perdre dans une sorte d'ascèse par la débauche et l'alcool. Il y renonce bientôt pour l'ascèse véritable, la rencontre avec un curieux occultiste un peu fou lui ayant fait pressentir l'existence réelle d'un autre monde. Par la pratique du yoga, il atteint à la vraie connaissance. Au plus fort de sa délivrance, et d'abord dans un mouvement de pitié, il essaie d'y entraîner une jeune fille que sa laideur désespère ; puis il l'aime et l'arrache pour un temps au désir qu'elle a de se tuer. Sur le point de partir pour les Indes, un malentendu les sépare : malentendu fatal... A la mémoire d'un Ange est un remarquable roman dans lequel la vivacité du style ne le cède qu'à l'originalité et l'abondance des idées. Gabriel Veraldi ne ressemble à aucun des auteurs de sa génération si ce n'est peut-être par une sorte de pessimisme lucide. Mais ce pessimisme est accompagné d'un tempérament littéraire si fort et si brillant, d'une telle "santé" qu'on des ne peut s'empêcher de voir en cet auteur un des plus prometteurs parmi les jeunes.

  • Après une guerre faite brillamment, Gabriel, héros désaffecté, revient à Vichy pour y vivre seul dans la librairie héritée de ses parents. La jeune fille qu'il aimait avant la guerre s'est mariée en son absence. Les compagnons qu'il se découvre, les femmes qui deviennent ses maîtresses l'aident à se perdre dans une sorte d'ascèse par la débauche et l'alcool. Il y renonce bientôt pour l'ascèse véritable, la rencontre avec un curieux occultiste un peu fou lui ayant fait pressentir l'existence réelle d'un autre monde. Par la pratique du yoga, il atteint à la vraie connaissance. Au plus fort de sa délivrance, et d'abord dans un mouvement de pitié, il essaie d'y entraîner une jeune fille que sa laideur désespère ; puis il l'aime et l'arrache pour un temps au désir qu'elle a de se tuer. Sur le point de partir pour les Indes, un malentendu les sépare : malentendu fatal... A la mémoire d'un Ange est un remarquable roman dans lequel la vivacité du style ne le cède qu'à l'originalité et l'abondance des idées. Gabriel Veraldi ne ressemble à aucun des auteurs de sa génération si ce n'est peut-être par une sorte de pessimisme lucide. Mais ce pessimisme est accompagné d'un tempérament littéraire si fort et si brillant, d'une telle "santé" qu'on des ne peut s'empêcher de voir en cet auteur un des plus prometteurs parmi les jeunes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Étrange histoire que celle de ce garçon sans nom, sorte de « Gaspard Hauser » de Narbonne, gardien de chèvres et souffre-douleur d'une équipe de forains parqués à proximité du Parc Montsouris ! Le sort semble s'être acharné sur lui depuis sa naissance ; tous ses frères et soeurs ont été élevés dans l'Institution des sourds-muets de Narbonne, et lui, le seul qui fût normal, y a été envoyé aussi : c'est donc lui l'anormal au milieu des autres. Son seul souvenir heureux est celui d'une amitié avec un petit garçon gai et gentil ; mais un jour cet enfant s'est bêtement crevé un oeil en jouant, avec une aiguille à tricoter. L'horreur de ce spectacle a si fortement marqué notre héros qu'il décide de « se perdre » à l'occasion d'une visite à Paris qu'il fait avec toute sa famille, et c'est ainsi qu'un certain Mirador le cueille à la sortie des Catacombes. Le récit de ses aventures commence le jour où la mort de Mirador l'a rejeté brusquement dans la liberté, après de longues années d'esclavage et d'abrutissement. Porteur d'une valise contenant quelques effets, et d'un peu d'argent dans sa poche, il part à la recherche d'une jeune fille entrevue jadis, Sixtine, dont il sait vaguement l'adresse. Mais quand il croit la reconnaître, il ne peut l'approcher et tout ce qu'il tente est voué à l'échec. Finalement, recru de fatigue, son portefeuille volé, sans papiers, il est emmené au poste, qui prend figure de havre, après tant de vicissitudes. Mais n'a-t-il pas rêvé tout ce qu'il raconte ? Ce récit, pour ordonné, paisible, et parfois drôle qu'il soit, est peut-être un songe. Peut-être une allégorie aussi, c'est-à-dire quelque chose de plus vrai que le vrai.

  • Mai 68 a eu lieu, mais son message souterrain n'est pas mort. Cette évidence forme le tissu passionné d'un roman au ton célinien. La foule des personnages qui l'habite est entraînée vers la fin de notre siècle avec ses amours, ses engagements politiques, ses illusions, ses contradictions, ses rires, ses violences : carnaval de l'Histoire. Deux certitudes principales s'y croisent : que le peuple, ce grand absent de la littérature, existe, et qu'on a raison de se révolter. Julien le militant conduit l'insurrection dans un C.E.T. de la banlieue parisienne, et l'amour pour lui s'appelle Laura. Félix, coopérant au lycée de Rabat, y découvre l'injustice et la puissance historique de l'heure. Anastasia se souvient des salves de la révolution de 1917 et d'une unique passion que la mort sanctionna. Zitrone, le vieil Italien anarchiste, chante du bel canto au milieu des loulous. Tous, brassés par l'approche d'une tempête qui porte en elle l'espoir de la liberté mais aussi le risque de la Terreur, sont les fragments organiques d'un énorme « corpus » subjectif et social, rythmé par le Temps et sa mémoire.

  • Henry de Montherlant est né à Paris, le 21 avril 1896, d'une mère champenoise, Marguerite Camusat de Riancey, et d'un père picard, mais appartenant à une famille que la tradition orale prétend d'origine catalane, Joseph Millon de Montherlant. L'auteur prolifique de plus de quarante ouvrages en quarante ans, est et restera l'unique enfant d'une mère, qu'il ne connaîtra que dans son lit ou sur sa chaise longue, et d'un père tourmenté par les problèmes d'argent. Après nous avoir retracé les principales facettes de l'homme et de l'écrivain, Henri Perruchot aborde son oeuvre et sa pensée.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • L'essai de Pierre Daix est d'abord une interrogation sur la modernité. Toute cette force libératrice que nous avons puisée chez Rimbaud ou chez Cézanne, chez Marx ou chez Freud, chez Nietzsche ou chez Einstein, ne s'est-elle pas close sur elle-même ? Être moderne, en 1970, n'est-ce pas justement sortir de la prison de la modernité ? Mais comment saisir la modernité ? Que signifie-t-elle ? Comment pouvons-nous en sortir pour la juger, puisqu'elle est notre vie ? Pierre Daix en vient à étudier la constitution de la modernité, les conditions de sa naissance. Comment se fait-il par exemple que tant de gens intelligents et informés n'aient rien compris à l'apparition de la peinture moderne ? Baudelaire et Zola, qui l'ont pourtant défendue, ont-ils su la voir ? C'est que la naissance de la peinture moderne ne met pas en cause que la lecture de la peinture, mais des changements dans l'idéologie, dans les systèmes de signification. Dans les structures de la connaissance. « Si je parle de structuralisme et non de marxisme », écrit Pierre Daix, « c'est non seulement parce que ces problèmes sont liés à des changements dans l'art dont Marx n'avait ni idée ni prévision, mais parce qu'en eux-mêmes ils portent sur des découvertes et des débats nouveaux, pour lesquels les marxistes n'ont marqué jusqu'ici que peu d'intérêt, tandis qu'ils sont le pain des structuralistes. »

  • Mai 68 a eu lieu, mais son message souterrain n'est pas mort. Cette évidence forme le tissu passionné d'un roman au ton célinien. La foule des personnages qui l'habite est entraînée vers la fin de notre siècle avec ses amours, ses engagements politiques, ses illusions, ses contradictions, ses rires, ses violences : carnaval de l'Histoire. Deux certitudes principales s'y croisent : que le peuple, ce grand absent de la littérature, existe, et qu'on a raison de se révolter. Julien le militant conduit l'insurrection dans un C.E.T. de la banlieue parisienne, et l'amour pour lui s'appelle Laura. Félix, coopérant au lycée de Rabat, y découvre l'injustice et la puissance historique de l'heure. Anastasia se souvient des salves de la révolution de 1917 et d'une unique passion que la mort sanctionna. Zitrone, le vieil Italien anarchiste, chante du bel canto au milieu des loulous. Tous, brassés par l'approche d'une tempête qui porte en elle l'espoir de la liberté mais aussi le risque de la Terreur, sont les fragments organiques d'un énorme « corpus » subjectif et social, rythmé par le Temps et sa mémoire.

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  • L'essai de Pierre Daix est d'abord une interrogation sur la modernité. Toute cette force libératrice que nous avons puisée chez Rimbaud ou chez Cézanne, chez Marx ou chez Freud, chez Nietzsche ou chez Einstein, ne s'est-elle pas close sur elle-même ? Être moderne, en 1970, n'est-ce pas justement sortir de la prison de la modernité ? Mais comment saisir la modernité ? Que signifie-t-elle ? Comment pouvons-nous en sortir pour la juger, puisqu'elle est notre vie ? Pierre Daix en vient à étudier la constitution de la modernité, les conditions de sa naissance. Comment se fait-il par exemple que tant de gens intelligents et informés n'aient rien compris à l'apparition de la peinture moderne ? Baudelaire et Zola, qui l'ont pourtant défendue, ont-ils su la voir ? C'est que la naissance de la peinture moderne ne met pas en cause que la lecture de la peinture, mais des changements dans l'idéologie, dans les systèmes de signification. Dans les structures de la connaissance. « Si je parle de structuralisme et non de marxisme », écrit Pierre Daix, « c'est non seulement parce que ces problèmes sont liés à des changements dans l'art dont Marx n'avait ni idée ni prévision, mais parce qu'en eux-mêmes ils portent sur des découvertes et des débats nouveaux, pour lesquels les marxistes n'ont marqué jusqu'ici que peu d'intérêt, tandis qu'ils sont le pain des structuralistes. »

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  • Fin d'une liaison. Avant de quitter Philippe, jeune homme oisif, Gene ne lui cache pas qu'elle est la maîtresse du médecin qui l'emploie comme infirmière. Philippe, qui aime toujours Gene, la laisse partir. Deux semaines plus tard, il fait la connaissance de Madame Duranson, la femme du médecin. Au bout d'un certain temps, celle-ci apprend par une amie les rapports qu'entretient son mari avec Gene. Pour se venger, elle devient la maîtresse de Philippe, tout en ignorant que ce dernier fréquentait Gene. Peu à peu, elle se laissera prendre à son propre jeu : elle aimera Philippe. Les Mégots du Dimanche est l'histoire d'une revanche dont l'héroïne, qui en déclenche sans le savoir le mécanisme, reste toujours en marge. Mais c'est aussi un roman d'amour. L'amour à la fois tendre, cynique, inassouvi de Philippe pour Gene.

  • Une femme qui se persuade qu'elle n'aime plus son mari, prend un amant, découvre la lâcheté de celui-ci et retourne à ses joies familières ; une autre qui, jalouse des divertissements et de la liberté d'un homme, corrompt par subterfuge le premier souvenir de jeunesse qu'il conservait au fond du coeur et se condamne définitivement aux yeux de sa victime ; la carrière d'un commandant de navire que compromet à jamais un mouvement des sens, impérieux et absurde ; enfin, les égarements d'une imagination prêtant une seconde personnalité à une servante qui ne peut s'accommoder de cette vie par goût du labeur simple et obscur, tels sont les «sujets» des quatre nouvelles réunies dans cet ouvrage de Guy Mazeline

  • Né le 12 avril 1940, à Nice, licencié ès lettres, diplômé d'études supérieures de littérature française, Pierre-Paul Bracco prépare une thèse de troisième cycle. Encore quelques battements... est son premier roman.

  • La narratrice se nomme Marcienne Cornille, elle a vingt-cinq ans, Luc est son mari, et Rémy son fils est âgé de deux ans. A Villeneuve-Saint-Georges, sa maison est entourée d'un jardin. Elle se rend parfois à Paris, passe des vacances sur la Côte d'Azur, rencontre des gens, écrit, peint, rêve. Cette carte d'identité banale sert de soutien à la plus fantastique exploration mentale qu'une femme ait osé tenter jusqu'ici, c'est-à-dire l'aventure même du langage. Car Marcienne s'orthographie aussi Martienne. Et c'est sous cet aspect insolite que le lecteur subit la pensée d'une créature visiblement tombée d'une autre planète. Elle veut tout apprendre à la fois : vivre et mourir, construire de jour en jour et d'heure en heure la certitude de son propre néant face au temps, à l'espace. Mais ce néant est l'envers même de la réalité qui nous est donnée en naissant. Il est l'univers de Marcienne-Martienne, magnifique et déchirant dans la mesure où « l'Envahie » ne trouvera nulle part et jamais son lieu d'origine et d'aboutissement.

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