Philippe Rey

  • Un thriller complexe et bouleversant, du grand Joyce Carol Oates

    De son enfance, Abby garde le souvenir de nuits tourmentées, habitées par un cauchemar récurrent : un champ peuplé d'ossements humains dans lequel elle erre à l'infini. Aujourd'hui Abby a vingt ans et, tandis qu'elle pensait avoir vaincu ses démons, son mariage imminent ravive l'affreux cauchemar. Moins de vingt-quatre heures après la cérémonie, Abby s'engage sur la chaussée et se fait renverser par un bus.

    Accident ou résultat d'un geste prémédité ? C'est ce qu'essaie de déterminer son mari, Willem, alors qu'un troublant faisceau d'indices se présente à lui : quelle est donc cette marque rouge autour du poignet droit d'Abby ? Pourquoi se réveille-t-elle en hurlant chaque nuit ?

    De confession en confession, Abby partage avec Willem ce qu'elle n'a jamais avoué à personne : l'histoire de Nicola, sa mère perpétuellement terrifiée, et de Lew, son père jaloux, violent, vétéran de la guerre d'Irak, accro à toutes sortes de drogues. Entre les deux, une fillette prise en

    étau...

    Porté par une écriture nerveuse oscillant entre le présent et l'enfance torturée d'Abby, à la poursuite de la surprenante vérité d'une famille, ce roman méticuleusement orchestré tient en haleine le lecteur jusqu'à la dernière seconde.

  • " Le livre le plus important de toute la carrière de Oates. " The Washington Post

    2 novembre 1999. Luther Dunphy prend la route du Centre des femmes d'une petite ville de l'Ohio et, se sentant investi de la mission de soldat de Dieu, tire à bout portant sur le Dr Augustus Voorhees, l'un des " médecins avorteurs " du centre.

    De façon éblouissante, Joyce Carol Oates dévoile les mécanismes qui ont mené à cet acte meurtrier : Luther Dunphy est à la fois un père rongé par la culpabilité car responsable de l'accident qui a causé la mort d'une de ses filles, et un mari démuni face à la dépression de sa femme. Pour ne pas sombrer, il se raccroche à son église où il fait la rencontre décisive du professeur Wohlman, activiste anti-avortement chez qui il croit entendre la voix de Dieu. Comme un sens enfin donné à sa vie, il se sent lui aussi chargé de défendre les enfants à naître, peu importe le prix à payer.

    Dans un camp comme dans l'autre, chacun est convaincu du bien-fondé de ses actions. Mené par des idéaux humanistes, Augustus Voorhees, le docteur assassiné, a consacré sa vie entière à la défense du droit des femmes à disposer de leur corps. Les morts de Luther et d'Augustus laissent derrière eux femmes et enfants, en première ligne du virulent débat américain sur l'avortement. En particulier les filles des deux hommes, Naomi Voorhees et Dawn Dunphy, obsédées par la mémoire de leurs pères.

    La puissance de ce livre réside dans l'humanité que l'auteure confère à chacun des personnages, qu'ils soient " pro-vie " ou " pro-choix ". Sans jamais prendre position, elle rend compte d'une réalité trop complexe pour reposer sur des oppositions binaires. Le lecteur est ainsi mis à l'épreuve car confronté à la question principale : entre les fœtus avortés, les médecins assassinés ou les " soldats de Dieu " condamnés à la peine capitale, qui sont les véritables martyrs américains ?

    Joyce Carol Oates offre le portrait acéré et remarquable d'une société ébranlée dans ses valeurs profondes face à l'avortement, sujet d'une brûlante actualité qui déchire avec violence le peuple américain.

  • Une profonde réflexion sur ce que veut dire être pauvre aujourd'hui en Grande-Bretagne.

    Kerry Hudson est née en 1980 dans les quartiers populaires d'Aberdeen en Écosse, d'une mère vulnérable, isolée et sans emploi, et d'un père schizophrène, alcoolique et absent. De centres d'accueil en squats improvisés, de logements sociaux en
    Bed and Breakfasts, sa petite sœur, sa mère et elle ont connu pendant plus de vingt ans la précarité extrême, les queues le lundi matin aux caisses d'allocation, la détresse, et la violence familiale. Aujourd'hui, Kerry est une femme mariée de presque quarante ans, qui a écrit deux romans et a voyagé de par le monde. Comment concilier la femme écrivain et journaliste reconnue, avec la petite fille sans voix et effacée des quartiers populaires d'Aberdeen ?

    Dans cette autobiographie qui vaut reconquête identitaire, Kerry Hudson revient sur les lieux où elle a grandi, puise dans ses souvenirs et pose un regard acéré sur les inégalités de classe et les moyens de s'élever. Avec la même plume qui a fait la réussite de ses deux précédents ouvrages, l'auteure s'abstient de tout jugement, de tout sentimentalisme, et met l'humain au centre de son écriture, cherchant à comprendre, à donner voix aux exclus et aux invisibles dont elle a un jour fait partie. Monde qu'elle ne renie pas et dont elle parle avec humour et fierté.

    Basse naissance est un texte courageux et nécessaire sur la pauvreté, un texte qui invite à réfléchir sur la nécessité pour les enfants et familles déclassés de reconquérir leur histoire.

  • Une plongée inquiétante dans les psychés troublées de femmes presque ordinaires.

    Qu'elles soient veuves, célibataires ou adolescentes, les femmes qui habitent ce recueil se retrouvent inévitablement confrontées aux menaces du monde extérieur, provoquant en elles un sursaut de révolte...

    Il en va ainsi de Jill, qui comprend trop tard les intentions malsaines de son beau et mystérieux cousin ; de Stephanie, jeune fille mal dans sa peau, jalouse de sa sœur aînée et attirée par le même garçon, qui finit par prendre le mors aux dents. Ou encore de Mariana, qui fait une découverte des plus perturbante dans la maison qu'elle partageait avec son défunt mari. Claudia, quant à elle, est obsédée par les oiseaux du lac tout proche, et nourrit le fantasme de se transformer en héron vengeur pour régler son compte à un beau-frère trop entreprenant. Explorant avec brio la frontière ténue entre fantasmagorie et réalité, les sept nouvelles rassemblées ici nous font pénétrer dans le quotidien de personnages vulnérables, en prise avec la violence qui les entoure. Qu'elle prenne la forme d'un père abusif ou d'une compagnie aérienne outrageusement zélée, c'est bien la folie qui règne dans l'univers de la grande Joyce Carol Oates.

  • Un roman captivant sur la liberté d'entreprendre et d'aimer

    Amsterdam, 1892. Lydia n'espère rien lorsqu'elle se plonge dans les affaires de son père tout juste décédé. Mais la découverte d'un carnet la laisse songeuse : au fil des pages, elle comprend qu'il projetait la création d'une fabrique de fromage moderne, actionnée à la vapeur. Contre toute attente, elle se promet de réaliser ce projet un peu fou. L'époque interdisant à une femme seule de mener une telle entreprise, Lydia trouve de l'aide auprès d'un fermier de la région, Huib. À eux deux, et malgré leurs origines sociales différentes, ils comptent bien construire la plus grande fabrique de fromage de la région, et peut-être trouver en chemin plus que le succès...

    Anvers, 1914. Nora, fille unique de Lydia, a trouvé refuge en Belgique, dans les bras de son jeune époux. Un départ précipité qui prend toutes les apparences d'une fuite, tandis qu'elle cherche du réconfort loin des siens. Réussira-t-elle à assouvir cette nouvelle soif de liberté, alors que la Première Guerre mondiale frappe aux portes de son pays d'adoption ?

    Simone van der Vlugt nous tient en haleine avec cette histoire émouvante, pleine de péripéties – celle de deux femmes courageuses décidées à accomplir leurs rêves.

  • Un livre puissant et bouleversant, nécessaire à notre époque troublée

    Libraire à Acapulco, au Mexique, Lydia mène une vie calme avec son mari journaliste Sebastián et leur famille, malgré les tensions causées dans la ville par les puissants cartels de la drogue. Jusqu'au jour où Sebastián, s'apprêtant à révéler dans la presse l'identité du chef du principal cartel, apprend à Lydia que celui-ci n'est autre que Javier, un client érudit et délicat avec qui elle s'est liée dans sa librairie... La parution de son article, quelques jours plus tard, bouleverse leur destin à tous.

    Contrainte de prendre la fuite avec son fils de huit ans, Luca, Lydia se sait suivie par les hommes de Javier. Ils vont alors rejoindre le flot de migrants en provenance du sud du continent, en route vers les États-Unis, devront voyager clandestinement à bord de la redoutable
    Bestia, le train qui fonce vers le nord, seront dépouillés par des policiers corrompus, et menacés par les tueurs du cartel...

    Porté par une écriture électrique,
    American Dirt raconte l'épopée de ces femmes et de ces hommes qui ont pour seul bagage une farouche volonté d'avancer vers la frontière américaine. Un récit marqué par la force et l'instinct de survie de Lydia, le courage de Luca, ainsi que leur amitié avec Rebeca et Soledad, deux sœurs honduriennes, fragiles lucioles dans les longues nuits de marche...

    Hymne poignant aux rêves de milliers de migrants qui risquent chaque jour leur vie,
    American Dirt est aussi le roman de l'amour d'une mère et de son fils qui, au cœur des situations tragiques, ne perdent jamais espoir. Un roman nécessaire à notre époque troublée.

  • De si bons amis

    Joyce Maynard

    Un roman saisissant sur l'amitié et la trahison

    Quand Ava et Swift Havilland, couple fortuné, décident de prendre sous leur aile Helen McCabe, celle-ci est au plus bas. À quarante ans, Helen a perdu la garde de son fils Oliver, huit ans, et partage sa semaine entre rencontres aux Alcooliques Anonymes, petits boulots de serveuse et soirées à faire défiler sur son écran les profils d'hommes célibataires de la région. Après s'être réfugiée depuis l'enfance derrière des récits de vies fantasmées pour masquer sa fragilité, elle trouve auprès des Havilland ce qu'elle a toujours désiré : se sentir unique et aimée.

    Dès lors, la vie d'Helen est soumise aux moindres caprices du couple – dont la perversité prend des apparences de bienveillance –, les laissant même s'immiscer dans les prémices de sa relation avec Elliot, un comptable dont le quotidien simple et rangé attire le mépris de ses nouveaux amis. Jusqu'où Helen se laissera-t-elle manipuler par les Havilland, tandis qu'une seule chose compte à ses yeux : récupérer la garde d'Oliver ?

    Dans ce roman à l'écriture fluide et rigoureusement construit, Joyce Maynard dresse le portrait d'une femme vulnérable et emporte le lecteur au coeur d'une angoissante prise de possession amicale. Jusqu'au moment où Helen sera placée devant un choix aussi imprévu que difficile...

  • Plus inventive et brillante que jamais, Joyce Carol Oates joue dans ces nouvelles irrésistibles à imaginer les derniers jours de cinq géants de la littérature américaine.

    Cest ainsi que, dans Le Phare, Edgar Allan Poe, devenu gardien de phare, se retrouve sur une île déserte du Pacifique en proie à ses abominables souvenirs de souffrance et de deuil, avec pour seule compagnie celle dun chien, témoin aussi de sa transformation en un monstre hybride, parent du « Cyclophage » né de sa démence. Grand-papa Clemens et Poisson Ange, 1906 décrit un Mark Twain obsédé par les très jeunes filles, tandis que Papa à Ketchum, 1961 raconte un Hemingway réfléchissant à son suicide. Dans Le Maître à lhôpital Saint-Bartholomew, 1914-1916, Henry James doit pénétrer dans une salle remplie de soldats blessés et surmonter ses révulsions premières avant de senticher de ces « chers garçons » quil a toujours secrètement désirés EDickinsonRépliLuxe fait revenir à la vie Emily Dickinson sous la forme dune poupée androïde, un robot vivant fait sur mesure pour un couple de bobos entichés de poésie Un prodigieux tour de force que ces histoires de folie, de désespoir, de solitude, et de frustration sexuelle, superbement tricotées par Oates dans le style même de chacun de ces cinq maîtres pourtant réputés inimitables.

  • Un roman audacieux sur la résistance d'une jeune femme face à une société oppressive

    Adriane Strohl, une adolescente imprudente et idéaliste, vit dans un futur proche : une Amérique totalitaire en 2039 contrôlée à l'excès par la " Véritable Démocratie ", où il est interdit à quiconque de sortir de la moyenne. Alors qu'elle est nommée major de sa promotion de terminale, elle commet l'erreur de vouloir briller dans son discours de fin d'études, et se voit condamnée à être télétransportée dans une bourgade rurale d'Amérique du Nord appelée Wainscotia pour y effectuer ses études supérieures... quatre-vingts ans plus tôt.

    Forcée d'adopter une nouvelle identité et constamment sous surveillance, Adriane – alias Mary Ellen Enright – découvre avec stupeur l'Amérique surannée de 1959. Désireuse de purger sa peine de manière exemplaire et de rentrer chez elle au terme des quatre ans fixés, Adriane s'immerge dans le travail, notamment son cours de psychologie. Mais elle ne tarde pas à tomber amoureuse de son professeur, Ira Wolfman, un exilé du futur comme elle qui tentera de la convaincre de s'échapper avec lui...

    Mélange parfaitement réussi de dystopie et d'histoire d'amour, le roman offre le portrait saisissant d'une société faussement égalitaire où délation et médiocrité sont la règle, un " petit paradis " en saisissant écho avec nos sociétés modernes actuelles...

  • Le matin du 11 février 2008, Raymond Smith, le mari de Joyce Carol Oates, s'est réveillé avec un mauvais rhume. Il respire mal et son épouse décide de l'emmener aux urgences où lon diagnostique une pneumonie sans gravité. Pour plus de sûreté, on le garde en observation. Une semaine plus tard, au moment même où il devait rentrer chez lui, Raymond meurt d'une violente et soudaine infection nosocomiale. Sans avertissement ni préparation d'aucune sorte, Joyce est soudain confrontée à la terrible réalité du veuvage. Au vide. À l'absence sans merci.

    J'ai réussi à rester en vie est la chronique du combat d'une femme pour tenter de remonter de ce puits sans fond. De poursuivre une existence amputée du partenariat qui l'a soutenue et définie ­ pendant près d'un demi-siècle. En proie à langoisse de la perte, à la désorientation de la survivante cernée par un cauchemar de démarches administratives et les absurdités pathétiques du commerce du deuil , Oates décrit l'innommable expérience du chagrin, dont elle ne peut sextraire qu'à grand peine, de temps à autre, en se tournant vers ses amis .

    Avec sa lucidité coutumière, parfois sous-tendue d'un humour noir irrésistible (quand, par exemple, elle se lamente sur l'absurdité des luxueux paniers gargantuesques de saucissons et de pop corn au chocolat déposés devant sa porte en manière de condoléances), elle nous offre à travers ce livre qui ne ressemble à rien de ce qu'elle a écrit jusqu'ici non seulement une émouvante histoire damour mais aussi le portrait d'une Joyce Carol Smith inconnue et formidablement attachante.



    « Admirable Joyce Carol Oates, voilà le qualificatif qui vient à lesprit en refermant ce livre troublant de justesse, personnel, digne [...] l'un des plus beaux textes jamais écrits sur l'amour. » Sabine Audrerie, La Croix « Le résultat est bouleversant. » Florence Noiville, Le Monde des livres « Un cri du coeur à la gloire de l'écriture. » Armelle Thoraval, Elle « Transparente, Oates confesse sans tricher, comme une décharge de larmes silencieuses. » Emily Barnett, Les Inrockuptibles « Une analyse fine du sens de la perte. » Virginie François, Marianne

  • Veuve au matin d'une nuit de noces hallucinante, lorsque son époux, un jeune pasteur, se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara, Ariah Littrell se considère désormais comme vouée au malheur. Pourtant, au cours de sa semaine de veille au bord de l'abîme, en attendant quon retrouve le corps de son mari dun jour, La Veuve banche des Chutes (ainsi que la presse la surnommée avant den faire une légende) attire lattention de Dirk Burnaby, un brillant avocat au cur tendre, très vite fasciné par cette jeune femme étrange.Une passion improbable et néanmoins absolue lie très vite ce couple qui va connaître dix ans dun bonheur total avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau sur la famille.Désamour, trahison, meurtre ? C'est aux enfants Burnaby qu'il reviendra de découvrir les secrets de la tragédie qui a détruit la vie de leurs parents. Une quête qui les obligera à affronter non seulement leur histoire personnelle mais aussi un sombre épisode du passé de lAmérique : les ravages infligés à toute une région par lexpansion industrielle gigantesque des années 50 et 60, expansion nourrie par la cupidité et la corruption des pouvoirs en place.Ce roman aussi beau et tumultueux que ces Chutes au charme maléfique a remporté le Prix Femina étranger en 2005.

  • Oates explore brillamment les longs échos de la violence, du sexisme et du racisme dans la vie d'une jeune Américaine

    Doit-on être loyal à la justice ou loyal à sa famille ?

    Rejetée par ses proches, Violet Rue Kerrigan revient sur son passé. Sa faute ? Avoir dénoncé pour meurtre ses grands frères, tortionnaires d'un jeune Africain-Américain. Lors de leur accès de violence raciste, elle avait douze ans.

    Dans un récit émouvant, Violet se remémore son enfance en tant que cadette d'une fratrie dysfonctionnelle d'origine irlandaise, durant les années 70 dans l'État de New York. Une famille où la parole du père ne souffre aucune contestation et où les garçons ont plus de valeur que les filles. La jeune femme raconte comment elle est passée du meilleur au pire : elle était la préférée des sept enfants Kerrigan, elle est maintenant celle qui " a cafardé " et entraîné l'arrestation de ses frères. Une décision qui lui a valu d'être exilée, chassée par ses parents, ses frères et sœurs, son Église...

    À partir de ce bannissement, Joyce Carol Oates analyse les souffrances de Violet, mais aussi comment elle s'est émancipée de l'emprise familiale pour partir en quête de sa propre identité. En définitive, c'est une vérité douloureuse qui parcourt ce roman sombre et sensible: les émotions les plus tendres peuvent changer en un instant. Vous pensez que vos parents vous aiment ? Êtes-vous bien certain que c'est vous qu'ils aiment, et pas juste l'enfant qui est le leur ?

  • Trahison

    Joyce Carol Oates

    Des nouvelles admirablement ciselées par la grande auteure américaine

    Joyce Carol Oates nous revient avec un recueil de treize nouvelles dérangeantes et hypnotiques qui tentent de cartographier l'étrange noirceur en chacun d'entre nous ainsi que la peur, la douleur et l'incertitude qui rôdent aux pourtours des vies ordinaires, souvent menacées par l'abandon et la trahison.

    Les femmes d'âge mûr ayant des relations complexes et ambivalentes avec le sexe opposé y sont omniprésentes. Dans
    Mastiff, Mariella voit un homme avec lequel elle sort depuis peu la protéger de l'attaque d'un molosse au péril de sa vie.
    Distance raconte la solitude névrotique d'une femme dans un hôtel du Nevada tentant d'appeler son amant.
    Le Chasseur suit la troublante aventure entre une poétesse en résidence dans une université et son président. Dans
    Disparition, craignant que son mari ne se volatilise de sa vie, son épouse ne le lâche plus d'une semelle.
    Stephanos est mort met en scène une universitaire qui lutte vaillamment contre son cancer et se retrouve en mauvaise posture aux funérailles d'un homme adoré de tous. Dans
    Les Bouffons, une maison de banlieue cossue abandonnée devient l'obsession d'un retraité sous le regard désespéré de sa femme. Enfin, dans
    Patricide, la fille effacée d'un grand écrivain doit gérer sa relation complexe avec ce don juan égocentrique à la mort de celui-ci.

    La mort n'est jamais loin, bouleversant aussi l'existence des plus jeunes :
    S'envoyer en l'air avec un chameau explore la manière dont un adolescent de dix-sept ans se rend douloureusement compte de la profondeur de son amour pour sa grand-mère malade.
    Choses rencontrées en chemin vers l'oubli relate le mystérieux décès d'une pathétique petite fille riche adoptée, suite aux complications d'un tatouage. L'existence prend un tour sombre et inquiétant, pour ce jeune diplômé au chômage funestement attiré par les bonobos dans
    Trahison.

    Avec ce recueil écrit au scalpel, Oates est au sommet de son art, plus imaginative que jamais.

  • Un roman bouleversant sur la reconstruction des êtres grâce au lien amoureux

    Dans une bourgade du sud de l'Australie, dans les années 1960, débarque un jour Hannah Babel. Une Hongroise de Budapest, juive, rescapée d'Auschwitz où ont péri son mari et son fils unique. Une sorte d'extraterrestre pour les gens de Hometown, qui l'accueillent sans réticence, sidérés néanmoins lorsqu'elle annonce son intention d'ouvrir une librairie, du jamais vu en ville jusqu'alors.

    Un fermier du coin, Tom Hope, lui apporte son aide. Trentenaire mutique, humble et généreux, Tom soigne ses vergers, s'occupe de ses moutons, et se console de son célibat forcé en élevant avec amour Peter, l'enfant que son ex-femme lui a laissé, dont il n'est pas le père et qu'elle lui reprendra un jour.

    Hannah, la délirante, la tourmentée, s'enflamme pour Tom et l'embrase. Une telle passion entre deux êtres apparemment si étrangers l'un à l'autre peut-elle durer ? Et quel avenir pour le petit Peter, forcé de rejoindre une mère qui ne l'a jamais aimé ?

    Une histoire de " coeurs brisés " qui révèle le talent d'un écrivain sachant manier poésie, tendresse et ironie, transformer de tragiques épreuves en une ode à la beauté des paysages et des hommes, en une ode à la vie – malgré tout.

  • Un roman fascinant sur l'amour impossible entre un amnésique et la chercheuse qui le soigne.

    Institut de neurologie de Darven Park, Philadelphie, 1965. Une jeune chercheuse, Margot Sharpe, rencontre Elihu Hoopes, nouveau patient, qui sera connu plus tard comme E. H., le plus fameux amnésique de l'histoire. Car cet homme élégant de trente-sept ans a été victime d'une infection qui ne lui laisse qu'une mémoire immédiate de soixante-dix secondes : tout le reste est régulièrement oublié, hormis des bribes d'un passé lointain. À chaque fois qu'il rencontre Margot, il pense la voir pour la première fois.

    Au cours des trente années qui vont suivre, ces deux êtres vont apprendre à se découvrir. Margot, fascinée par son séduisant et mystérieux patient, va tenter de débloquer la mémoire figée d'E. H., d'autant plus qu'elle a identifié chez lui un traumatisme d'enfance, l'image obsédante d'une jeune fille morte flottant dans l'eau. Tandis que la surveille le tout-puissant Dr Ferris, directeur du laboratoire mémoire avec lequel elle entretient une relation trouble, et qu'elle est confrontée au machisme de ce milieu, Margot devra veiller à ne pas se perdre elle-même. Car, au fil des mois, elle ressent un sentiment profond à l'égard de son singulier patient sur lequel elle va projeter fantasmes et espoirs. Cette chercheuse que l'ambition a rendue douloureusement solitaire va pouvoir franchir sans vergogne la ligne rouge des règles de sa profession, puisque son patient oublie tout. Tiraillée entre son ambition professionnelle, son désir sexuel et son éthique médicale, elle fouille avec acharnement le passé d'E. H., mimant même un jour son fantasme d'être son épouse en leur passant à tous les deux une alliance au doigt. Leur relation devient plus complexe – et même plus violente –, tandis que la fragilité d'E. H. augmente avec le temps.

    Que peut être l'identité d'un être sans sa mémoire ? Sans la possibilité de se raconter sa propre histoire ? La fascination de Joyce Carol Oates pour les neurosciences – étayée par des lectures et des entretiens avec d'éminents spécialistes – fait de ce roman ambitieux et brillamment écrit un voyage passionnant au cœur de la science du cerveau humain, tout en plaçant le lecteur au plus près de la relation intime de Margot et d'Elihu, d'autant plus intéressante qu'elle est interdite.

  • Tout commence en 1887 au fond de larrière-pays canadien : à la disparition de son père, le jeune Joe OBrien, brusquement chef de famille, met tout en oeuvre pour assurer la subsistance des siens. Dur à la tâche, brillant, il comprend vite que rester enterré dans le Pontiac ne lui suffira jamais.
    Après la mort de leur mère, il organise avec laide dun vieux jésuite le départ de la fratrie pour une nouvelle vie les filles au couvent, un frère au séminaire, lautre en Californie et Joe à lassaut du continent !
    Sa rencontre avec lindépendante Iseult Wilkins donne subitement un sens à sa quête de réussite : de Venice Beach à Montréal en passant par la Colombie-Britannique, Joe ne cessera dès lors doeuvrer à létablissement de son clan.
    Parcourant deux guerres mondiales, les années folles, la crise de 1929, le second après-guerre, Les OBrien est tout à la fois la biographie dun homme exceptionnel, dun mariage, dune famille, et lhistoire extrêmement bien documentée dun siècle, de lévolution des mentalités à travers les générations qui sentrechoquent Avec un talent de conteur exceptionnel, Peter Behrens déploie une épopée moderne dans la tradition du grand roman américain.

  • Abandonnée par sa mère à demi-folle au milieu des marais de l'Adirondacks, Mudgirl, l'enfant de la boue, est sauvée on ne sait trop comment, puis adoptée par un brave couple de Quakers qui l'élèvera avec tendresse en s'efforçant toujours de la protéger des conséquences de son horrible histoire. Devenue Meredith « M.R. » Neukirchen, première femme présidente d'une université de grand renom, Mudgirl, brillante et irréprochable, fait preuve d'un dévouement total à l'égard de sa carrière et d'une ferveur morale intense quant à son rôle. Mais précisément épuisée par la conception d'une rigidité excessive qu'elle a des devoirs de sa charge, tourmentée par ses relations mal définies avec un amant secret et fuyant, inquiète de la crise grandissante que traverse les États-Unis à la veille d'une guerre avec l'Iraq (crise qui la contraint à s'engager sur un terrain politique dangereux) et confrontée à la classique malveillance sournoise des milieux académiques, M.R. se retrouve face à des défis qui la rongent de manière imprévisible. Un voyage sur les lieux qui l'ont vue naître, censé lui rendre un peu de l'équilibre qui lui échappe, va au contraire la jeter dans une terrifiante collision psychique avec son enfance et menacer de l'engloutir une fois encore, mais dans la folie. Cette impitoyable exploration des fantômes du passé, doublée du portrait intime d'une femme ayant percé le plafond de verre à un coût gigantesque, fait de ce livre ainsi que l'a proclamé la critique, « un géant parmi les grands romans de Oates ».

  • Les premiers mémoires de Joyce Carol Oates, une fascinante plongée dans la formation d'une auteure majeure et mystérieuse

    C'est avec un mélange d'honnêteté brute et d'intuition acérée que Joyce Carol Oates revient sur ses jeunes années. Son enfance pauvre dans une ferme de l'État de New York fourmille de souvenirs : ses parents aimants, ses grands-parents hongrois, les animaux, la végétation, le monde ouvrier, l'école. Ces années lui offrent à la fois un univers intime rassurant, mais un univers limité, cerné par des territoires inaccessibles, propices à enflammer l'imagination de la jeune fille qui trouve là ses premières occasions de fiction. Des territoires où la mort rôde et où les êtres souffrent : cette maison dans la forêt où les enfants sont battus par un père ivrogne qui y mettra le feu ; sa camarade Cynthia, ambitieuse élève qui se suicidera à l'âge de dix-huit ans ; sa soeur cadette autiste, Lynn Ann, qui deviendra violente au point de dévorer littéralement les livres de son aînée...

    Joyce Carol Oates explore le monde à travers les yeux de l'enfant et de l'adolescente qu'elle était, néanmoins consciente des limites de sa mémoire après tant d'années. Cette lectrice d'Alice au pays des merveilles sait que la vie est une succession d'aventures sans fin, qui voit se mêler comédie et tragédie, réalité et rêverie.

    La plume toujours ciselée, l'oeil aiguisé, Oates arpente un endroit et un temps oubliés qui virent la naissance de l'écrivain qu'elle est devenue, un voyage captivant qui ne manquera pas de renvoyer son lecteur à ses propres paysages perdus.

  • Le roman éblouissant d'une implacable manipulation

    Giorgia et Filippo forment depuis trois ans un couple apparemment normal. Filippo a renoncé à une carrière de journaliste pour reprendre le bar de ses parents. Giorgia, qui souffre de troubles psychiques, voit en lui le garant de sa stabilité. Pour affronter leurs difficultés financières, elle abandonne ses études et s'accommode d'un emploi de caissière dans un supermarché. Agrippés l'un à l'autre, ils se racontent jour après jour une version supportable de leur vie, sorte de parenthèse avant la réalisation de leurs rêves. Mais quand réapparaît Mauro, l'ancien professeur de théâtre de Giorgia, la fiction qu'ils ont construite commence à vaciller, car avec ce talentueux metteur en scène ressurgit un passé que la jeune femme s'est efforcée de dissimuler. Cependant, elle accepte le rôle qu'il lui propose dans sa nouvelle pièce malgré les dangers qu'un tel engagement comporte pour elle.

    Mauro et Filippo font alliance pour la soutenir. Tour à tour complices et rivaux, ils ont l'idée de la soumettre à un " exercice ", initiative qui les conduira tous les trois sur des chemins imprévus...

    Ce premier roman éblouissant raconte l'histoire d'une implacable manipulation. Claudia Petrucci y explore avec audace les frontières qui séparent la folie de la normalité, la fiction du réel, l'amour de la possession...

  • Une plongée intrigante dans les univers troubles de personnages aux limites de la folie

    Une célèbre peinture d'Edward Hopper prend vie : il est 11 heures, une femme nue, chaussée de talons hauts, le regard tourné vers une fenêtre, attend un homme. Au même moment, celui-ci est en route pour honorer ce rituel quotidien, tandis que le lecteur pénètre l'esprit des deux amants, chacun empreint pour l'autre de désir, de dégoût et de haine...



    Ces six nouvelles qui composent ce recueil sont des prodiges. Une épouse jalouse invite une étudiante à se joindre à elle pour le thé et initie un funeste jeu de roulette russe : entre une

    infusion corsée et un assortiment mortel de médicaments, qui boira quoi ? Dans un autre récit, une jeune femme se retrouve cobaye malgré elle d'un comité de recherche scientifique

    dont le projet est de créer une espèce hybride. Dans un autre encore, hommage à H. P. Lovecraft, un jeune marginal se croit hanté à la suite du décès de son père, atteint de syphilis.

    Joyce Carol Oates ausculte brillamment les thèmes de l'abus physique, psychologique et émotionnel. Chaque nouvelle se lit comme une flèche empoisonnée logée en plein coeur.

    Personne, ni les personnages ni le lecteur, n'en sortira indemne.

  • Cette année 1987, une chaleur caniculaire s'abat sur la côte Est pendant le long week-end de Labor Day. Henry a treize ans, vit avec sa mère, ne supporte pas la nouvelle épouse de son père, aimerait s'améliorer au base-ball et commence à être obsédé par les filles. Jusque-là, rien que de très ordinaire, sauf que sa mère, elle, ne lest pas. Encore jeune et jolie, Adele vit pratiquement retirée du monde et ne sort quen de rares circonstances. La rentrée des classes qui approche la contraint à conduire son fils acheter vêtements et fournitures au centre commercial. Et là, planté devant le présentoir des magazines où il essaye de feuilleter Playboy, Henry se heurte à Frank, ou plutôt Frank simpose à Henry : Frank, un taulard évadé, condamné pour meurtre Pendant quatre jours, le trio va vivre un surprenant huis-clos, chacun se révélant un peu plus au fil des heures. Et, vingt ans plus tard, avec émotion et humour, Henry révélera les secrets de ce long week-end qui lui a appris à grandir « Un livre très réussi, au ton très juste. [] Un beau roman qui dit à lui tout seul le talent de son auteur. » Delphine Peras, Lire « Un roman frémissant, plein despoir et de drôlerie. » Marine Landrot, Télérama « Un huis clos haletant. » Augustin Trapenard, Le Magazine littéraire

  • Wendy, treize ans, vit à Brooklyn. Le 11 septembre 2001, son monde est complètement chamboulé : sa mère part travailler et ne revient pas. L'espoir s'amenuise jour après jour et, à mesure que les affichettes DISPARUE se décollent, fait place à la sidération. Le lecteur suit la lente et terrible prise de conscience de Wendy et de sa famille, ainsi que leurs tentatives pour continuer à vivre. Le chemin de la jeune fille la mène bientôt en Californie chez son père biologique qu'elle connaît à peine - et idéalise. Son beau-père et son petit frère la laissent partir le coeur lourd, mais avec l'espoir que cette expérience lui sera salutaire. Assaillie par les souvenirs, Wendy est tiraillée entre cette vie inédite et son foyer new-yorkais qui lui manque. Elle délaisse les bancs de son nouveau collège et, chaque matin, part à la découverte de ce qui l'entoure, faisant d'étonnantes rencontres : une adolescente tout juste devenue mère, un libraire clairvoyant et son fils autiste, un jeune à la marge qui recherche son grand frère à travers tout le pays. Wendy lit beaucoup, découvre Le Journal d'Anne Frank et Frankie Addams, apprend à connaître son père, se lie d'amitié avec sa belle-mère éleveuse de cactus, comprend peu à peu le couple que formaient ses parents - et les raisons de leur séparation. Ces semaines californiennes la prépareront-elles à aborder la nouvelle étape de sa vie ? Retournera-t-elle à Brooklyn auprès de ceux qui l'ont vue grandir ? Émouvante histoire de reconstruction, Les règles d'usage évoque avec brio la perte d'un être cher, l'adolescence et la complexité des rapports familiaux. Un roman lumineux.

  • Je reste ici

    Marco Balzano

    Le roman bouleversant d'une famille en temps de guerre

    La vue saisissante d'un clocher d'église surgissant des eaux du lac artificiel Resia au Sud-Tyrol, a inspiré à Marco Balzano un roman puissant, se déroulant sur des décennies, avant et après l'immersion du village de Curon.

    La narratrice, Trina, s'adresse à sa fille, Marica, dont elle est séparée depuis de nombreuses années, et lui raconte sa vie. Trina a dix-sept ans au début du texte, elle vit à Curon, village de montagne dans le Haut-Adige, avec ses parents. En 1923, ce territoire autrichien annexé par l'Italie à la suite de la Première Guerre mondiale, fait l'objet d'une italianisation forcée : la langue allemande, qu'on y parle, est bannie au profit de l'italien. Trina s'amourache d'Erich, employé de son père menuisier, un solitaire aux yeux gris, qu'elle regarde chaque jour passer devant ses fenêtres avec son chien et son troupeau de vaches, qu'elle finit par épouser et dont elle aura deux enfants, Michael et Marica.

    Au début de la guerre, tandis qu'Erich s'active dans une farouche résistance aux mussoliniens et au projet de barrage qui menace le village, la petite Marica est enlevée par sa tante qui l'emmène vivre en Autriche. Cette absence, vive blessure jamais guérie chez Trina, sera le moteur de son récit, qui ne cachera rien des fractures apparaissant dans la famille (surtout lorsque son fils Michael devient hitlérien) ou dans le village, des trahisons, des violences, mais aussi des joies et des scènes de retrouvailles traitées avec finesse et pudeur.

    Un roman magnifique, mêlant avec talent la grande et la petite histoires, qui fera résonner longtemps la voix de Trina qui, malgré les violences de la guerre, reste fidèle à ses passions de jeunesse, courageuse, indépendante et digne.

  • Entre joies et larmes, un récit profond et bouleversant sur l'amour et la perte de l'être aimé.

    Après un mariage raté, un douloureux divorce et quelques

    brèves histoires, à cinquante-cinq ans, Joyce Maynard n'attend

    plus grand-chose des relations sentimentales. Et pourtant. Sa rencontre

    avec Jim vient tout bouleverser : l'amour comme elle ne

    l'imagine plus, qui lui fera même accepter de se remarier.

    En 2014, après trois ans de bonheur, on diagnostique chez

    Jim un cancer du pancréas. Au cours des dix-neuf mois qui

    suivent, alors qu'ils luttent ensemble contre la maladie, Joyce,

    d'habitude si jalouse de son indépendance, découvre ce que

    signifie être un véritable partenaire, en dépit de la souffrance,

    de l'angoisse, du désespoir qui menace à chaque instant.

    " Un jour, tu raconteras cette histoire ", lui avait dit Jim

    avec tendresse. C'est chose faite. Joyce Maynard retrace ces

    années heureuses ponctuées de voyages, de petites et grandes

    folies, de bonheurs du quotidien – dîners sur leur terrasse

    près de San Francisco, escapades à moto, concerts de rock, baignades

    dans les lacs du New Hampshire ou du Guatemala.

    Puis elle confie leur combat, leurs espoirs de guérison, les opérations

    et les médicaments, sa colère contre le sort, sa fatigue

    parfois, mais surtout la force de l'amour qui les unit.

    Avec sensibilité et finesse, Joyce Maynard se met à nu dans

    un texte empli de joies et de larmes, un récit sur l'amour et la

    perte, une histoire bouleversante qui a permis à chacun d'offrir

    à l'autre le meilleur de lui-même.

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