Zulma

  • Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljótur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte. En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

  • Le clou Nouv.

    Le clou

    Zhang Yueran

    • Zulma
    • 3 Juin 2021

    La trentaine un peu cabossée, Li Jiaqi et Cheng Gong se retrouvent après des années sans nouvelles. Elle rentre de Pékin où elle était rédactrice de mode ; lui habite encore avec sa tante sur le campus de la Faculté de médecine. C'est là que tout a commencé. Parce que leurs grands-pères - l'un éminent chirurgien, l'autre directeur adjoint de l'hôpital universitaire - s'y sont côtoyés aux heures les plus sombres de la Révolution culturelle... En une fresque incroyablement vivante, peuplée de souvenirs d'enfance, de conflits familiaux et de révélations, ils se racontent leurs vies parallèles et avancent une à une les pièces manquantes du drame. Zhang Yueran explore comme en apnée la vie de ces générations heurtées dans un roman ultrasensible et très contemporain. Née en 1982, elle est l'une des voix les plus prometteuses et singulières de la littérature chinoise aujourd'hui. « Magistral. Ce livre est une déflagration. » Le Nouveau Magazine littéraire

  • Au nord du monde

    Marcel Théroux

    • Zulma
    • 1 Avril 2021

    Roman d'aventures ou dystopie, voici LE western du Grand Nord. Un roman déjà culte.
    Steppes et taïga en lieu et place des plaines du Far West. Une ville fantôme balayée par les vents, dernier vestige de la vie de ces pionniers de Sibérie avant qu'un cataclysme emporte tout. Ou presque.
    Le temps s'est arrêté pour Makepeace. En cavalier solitaire, sans âme qui vive sur qui veiller, elle débarrasse les armes et sauve les livres des décombres. Jusqu'à ce que Ping émerge de la taïga, trahissant une peur sans nom dans une langue inconnue, et qu'un avion les survole, en direction du nord. L'espoir chevillé au corps, Makepeace prend la route. Car on n'est jamais vraiment sûr d'être le dernier.

  • Un jour avant Pâques Nouv.

    Un jour avant Pâques

    Zoyâ Pirzâd

    • Zulma
    • 3 Juin 2021

    Au bord de la mer Caspienne, un jeune garçon découvre avec son amie Tahereh les prodiges minuscules de l'univers - la visite d'une coccinelle, les jeux et les joies de l'enfance. Lui est arménien. Elle, fille du concierge musulman de l'école. Dans cette petite communauté se côtoient les coutumes, les religions, les histoires d'amour et d'amitié, les crispations anciennes et les aspirations à la liberté. Pâques, c'est la fête des oeufs peints, des pensées blanches, des pâtisseries à la fleur d'oranger. Entre passé et présent, Téhéran et le village natal, la vie quotidienne se dessine avec virtuosité, un art précieux du détail et beaucoup de finesse. Arménienne d'Iran, Zoyâ Pirzâd décrit un monde au cosmopolitisme encore vivace, riche des subtilités et contrastes d'une civilisation millénaire.
    « Une incroyable grâce poétique. » L'Obs

  • La somme de nos folies

    Shih-Li Kow

    • Zulma
    • 5 Novembre 2020

    Cette année-là, entre un déluge et une éclipse solaire, Beevi, vieille dame fantasque aussi revêche qu'attachante, hérite d'une grande demeure et adopte Mary Anne, débarquée de son orphelinat. Aidée de l'extravagante Miss Boonsidik, Beevi reconvertit la bâtisse - quatre tourelles, dix toilettes, des bibelots à foison et un jardin extraordinaire - en bed & breakfast pour touristes égarés... Une chronique absolument tendre, drôle et incisive, un concentré de vie. Shih-Li Kow est issue de la communauté chinoise malaisienne. La Somme de nos folies a été couronné du Prix du Premier roman étranger en 2018. « À consommer sans modération. » Télérama

  • « C'était la seule à Nyala et sans doute même dans tout le Soudan à s'appeler Abderahman. » Avec son prénom d'homme et sa cicatrice à la joue, terrible signe de beauté, Abderahman est la fille de fortune de tante Kharifiyya, sans enfant et le coeur grand, qui l'a recueillie en lui demandant de ne plus jamais parler de la guerre. De la guerre, pourtant, Abderahman sait tout, absolument tout. C'est un jour de marché qu'elle rencontre Shikiri, enrôlé de force dans l'armée avec son ami Ibrahim. Ni une, ni deux, Abderahman en fait joyeusement son mari. Et lui demande de l'aider à se venger des terribles milices janjawids en en tuant au moins dix. Formidable épopée d'une amazone de circonstance dans un monde en plein chaos, le Messie du Darfour est une histoire d'aventure et de guerre, une histoire d'amitié et de vengeance qui donne la part belle à l'humour et à la magie du roman.

  • Soixante-neuf tiroirs

    Goran Petrovic

    • Zulma
    • 4 Mars 2021

    Certains livres traversent les décennies de façon surprenante. C'est l'un d'eux, à la reliure de maroquin rouge, qui tombe entre les mains d'Adam. À première vue, ni intrigue, ni personnages. Adam s'étonne, mais emporté par la magie de son univers, il ne réussit bientôt plus à s'en détacher. Car voilà qu'apparaissent, au détour des paragraphes, une jeune fille au chapeau cloche, une vieille dame excentrique en tenue de voyage, une cuisinière hors pair et un jardinier trop curieux... Autant de rencontres insolites qui prennent pour Adam la forme de rendez-vous en lui révélant d'étranges similitudes avec la réalité. Le roman culte de tous les amoureux de la lecture, une ode magistrale au pouvoir de la littérature.

  • Argent brûlé

    Ricardo Piglia

    • Zulma
    • 4 Février 2021

    Buenos Aires, mercredi 27 septembre 1965, 15 h 11. Une voiture lancée à toute allure bloque un convoi de fonds. Beretta au poing, Bébé Brignone et le Gaucho Dorda mitraillent le fourgon, s'emparent du magot et laissent trois flics à terre. La cavale commence, de planque en planque... jusque dans la souricière tendue à Montevideo par l'inspecteur Silva. Assiégée mais décidée à résister jusqu'au bout, l'improbable bande de forcenés défie en une nuit tous les jeux de pouvoir - et ses propres démons. Argent brûlé élève le « casse du siècle » argentin au rang de mythe. Un roman halluciné, sur fond d'agitation péroniste et de corruption, aussi étourdissant qu'inoubliable.

  • « Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de lété dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse combien tardive de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme quil aima, aussi brièvement quardemment, dun amour impossible.

    Et cest tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre lâpre existence qui fut la sienne tout au long dun monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d'attention émerveillée à la nature sauvage.

    Ce beau et puissant roman se lit dune traite, tant on est troublé par létrange confession amoureuse dun éleveur de brebis islandais, dun homme qui sest lui-même spolié de lamour de sa vie. Bergsveinn Birgisson est né en 1971. Titulaire dun doctorat en littérature médiévale scandinave, il porte la mémoire des histoires que lui racontait son grand-père, lui-même fermier et pêcheur dans le nord-ouest de lIslande.

    Immense succès dans les pays scandinaves ainsi quen Allemagne, La Lettre à Helga est enfin traduit en français.

  • Miss Islande

    Audur Ava Olafsdóttir

    • Zulma
    • 5 Septembre 2019

    Islande, 1963 - cent quatre-vingt mille habitants à peine, un prix Nobel de littérature, une base américaine, deux avions transatlantiques, voilà pour le décor. Hekla, vingt et un ans, emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d'accomplir son destin : elle sera écrivain.
    Sauf qu'à la capitale, on lui conseille de tenter sa chance à l'élection de Miss Islande au lieu de perdre son temps à noircir du papier. Entre deux petits boulots, Hekla se réfugie chez Ísey, amie d'enfance convertie en mère de famille par un amour de vacances. Ou auprès de Jón John, fils illégitime d'un soldat américain qui rêve de quitter son île pour vivre de stylisme et de l'amour d'un autre homme...
    Avec la sensibilité, l'humour et la délicatesse qui lui sont si personnels, Auður Ava Ólafsdóttir interroge dans son sixième roman la relation de deux pionniers qui ne tiennent pas dans les cases, prisonniers d'un monde lilliputien et conservateur. Miss Islande est un magnifique roman sur la liberté, la création et l'accomplissement.

  • C'est une longue et belle histoire que « Pram » racontait à ses compagnons de détention sur l'île de Buru, avec ferveur, et un élan vital qu'on partage aussitôt. Une histoire aventureuse et romanesque, une histoire politique aussi, qui nous emmène à Surabaya, en Indonésie, au tournant du siècle.
    Minke, jeune journaliste brillant et curieux de tout, y croise le destin d'Ontosoroh, la nyai, concubine d'un riche colon hollandais. Tous deux sont javanais, idéalistes et ambitieux, tous deux rêvent d'une liberté enfin conquise contre un régime de haine et de discrimination, celui des Indes néerlandaises. Deux personnages extraordinaires, aussi attachants que singuliers - au regard d'un monde qui mûrit sa révolution. On l'aura compris, le Monde des hommes est plus qu'un roman, c'est un monument.
    Pramoedya Ananta Toer est né en 1925 sur l'île de Java. Après avoir été emprisonné par le gouvernement colonial hollandais de 1947 à 1949, il est envoyé en 1965, sous la dictature de Suharto, au bagne de Buru, dont il sort en 1979 sous la pression internationale. Grand humaniste, fidèle à ses idéaux jusqu'à la fin de sa vie en 2006, il est surveillé et systématiquement censuré.

    Son oeuvre est immense - plus de cinquante romans, nouvelles et essais, traduits dans près de quarante langues.

  • C'est la belle histoire d'une femme libre et d'un enfant prêté, le temps d'une équipée hivernale autour de l'Islande.

    En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans. Qu'à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.

    Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l'Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante, entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les péripéties de la vie et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle. Et l'on se glisse dans l'Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d'exultation complice qui ne nous quitte plus.
    Auður Ava Ólafsdóttir est née en 1958 à Reykjavik. Il y a chez cette grande romancière islandaise ? dont on garde en mémoire le merveilleux Rosa candida ? un tel emportement rieur, une telle drôlerie des situations comme des pensées qui s'y attachent, que l'on cède volontiers à son humour fantasque, d'une justesse décapante mais sans cruauté, terriblement magnanime.

    Vrai bain de jouvence littéraire, ses romans ressemblent à la vie.

  • Janie avait seize ans. Un feuillage vernissé et des bourgeons tout près d'éclore et le désir de prendre à bras-le-corps la vie, mais la vie semblait se dérober. Où donc étaient-elles, ses abeilles chanteuses à elle ?... Du haut des marches elle scruta le monde aussi loin qu'elle put, et puis elle descendit jusqu'à la barrière et s'y pencha pour contempler la route de droite et de gauche. Guettant, attendant, le souffle écourté par l'impatience. Attendant que le monde vienne à se faire. » Il ne faudra pas moins de trois mariages et trois vies - le vieux Logan Killicks et ses sentiments trop frustes, le fringant Joe Starks et ses ambitions politiques dévorantes, puis la promesse d'égalité, l'étreinte d'amour et le frisson extatique qu'incarne Tea Cake - pour permettre à Janie d'atteindre toute la mesure de son rêve d'émancipation et de liberté.
    Portrait d'une femme entière, animée par la force de son innocence, qui brave la rumeur du monde et se révèle à l'existence, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un chef-d'oeuvre - et l'un des tout premiers romans écrits par une Afro-Américaine. Un monument de la littérature, aussi percutant aujourd'hui que lors de sa parution aux États-Unis en 1937. À découvrir ou redécouvrir dans une traduction inédite magistrale.

  • Les nuits de laitue

    Vanessa Barbara

    • Zulma
    • 5 Novembre 2020

    Otto et Ada partagent depuis un demi-siècle une maison jaune perchée sur une colline et une égale passion pour le chou-fleur à la milanaise, le ping-pong et les documentaires animaliers. Ada participe intensément à la vie du voisinage, microcosme baroque et réjouissant. Quant à Otto, lecteur passionné de romans noirs, il combat ses insomnies à grandes gorgées de tisane tout en soupçonnant qu'on lui cache quelque chose...
    Vanessa Barbara est née à São Paulo en 1982. Chroniqueuse pour la presse internationale, elle a été couronnée du Prix du Premier roman étranger en 2015.
    Vanessa Barbara cultive le charme léger de l'absurde et de la folie douce, et respire une suavité espiègle et enjouée. » Sud Ouest

  • "Cambridge, de nos jours. Au détour d'une allée du campus, Oscar est attiré par la puissance de l'orgue et des chants provenant de la chapelle de King's College. Subjugué, il ne peut maîtriser un sentiment d'extase. Premier rouage de l'engrenage. Dans l'assemblée, une jeune femme capte son attention. Iris n'est autre que la soeur de l'organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s'accompagne d'étranges conceptions sur son usage hypnotique...

    Un premier roman magistral sur les frontières du génie et de la folie, entre thriller et roman d'apprentissage."

  • Les rois d'Islande

    Einar Már Gudmundsson

    • Zulma
    • 8 Février 2018

    Le clan Knudsen règne depuis plus de deux siècles sur Tangavík - petit port de pêche battu par les vents ou fief d'armateurs, question de point de vue.
    Chez les Knudsen, on est potentiellement marin de père en fils, sauf à faire carrière à la caisse d'épargne. On compte dans la famille de grands hommes, des hôtesses de l'air et de gentils simplets. Ils ont été ministres, bandits, avocats, ivrognes patentés et parfois tout cela en même temps.
    Les Knudsen ont bâti des empires et les ont perdus avec le même panache. Ils ont monté des conserveries de harengs, composé des symphonies, roulé en belle américaine et sacrément magouillé. Ils ont été portés au pinacle et mis au pilori. Toujours persuadés, de génération en génération, d'être les rois d'Islande.
    L'histoire mirifique des Knudsen, de ses représentants et de tous ceux qui passaient par là est, on l'aura compris, un tourbillon de portraits hautement réjouissants - la saga contemporaine d'une famille exubérante et totalement déjantée.



    Romancier, poète et nouvelliste, Einar Már Guðmundsson est l'auteur d'une dizaine de romans, traduits en plus de vingt-cinq langues. Récompensé par de nombreux prix littéraires, il a notamment reçu le Nordic Council Literature Prize, la plus haute distinction décernée à un écrivain des cinq pays nordiques, l'Íslensku bókmenntaverðlaunin, le plus prestigieux prix littéraire d'Islande, et le Swedish Academy Nordic Prize - dit « le petit Nobel » - pour l'ensemble de son oeuvre.
    Les Rois d'Islande, traduit pour la première fois en français, est un tour de force romanesque doublé d'une satire incisive de la société et de la politique islandaises. Et c'est un chef-d'oeuvre.vivre cette nuit sans sa femme, sa douce et merveilleuse Sarah...
    Un roman au charme irrésistible, émouvant, drôle - et magnifiquement enlevé.
    Joachim Schnerf est né en 1987 à Strasbourg. Il vit actuellement à Paris où il est éditeur de littérature étrangère. Après Mon sang à l'étude, son premier roman paru aux Éditions de l'Olivier, il nous plonge avec Cette nuit dans l'intimité d'une famille, tendue sur le fil de la mémoire d'un homme au soir de sa vie. Un roman d'une grande sensibilité.

  • Jeune diplômé désargenté, Satyacharan accepte un poste de régisseur aux confins du Bihar, dans le nord est de l'Inde. Quittant Calcutta, ce Bengali raffiné et mondain est bientôt fasciné par l'exubérance de la faune et de la flore et par la diversité des habitants de ce vaste domaine forestier.

    L'illustre roi des Santals garde ses vaches à l'ombre d'un banyan sacré, Yugalprasad embellit la jungle en y plantant de nouvelles espèces, Dhaturiya préfère danser sans manger plutôt que travailler aux champs...
    Satyacharan sait qu'il est le dernier témoin d'un formidable écosystème ; il doit pourtant en orchestrer la disparition. Son rapport au monde en sera à jamais bouleversé.

  • Clarisse est d'une simplicité de coeur qui la rend spontanément attachante. Autour de cette héroïne malgré elle gravite tout un petit monde : un mari ingénieur, deux adorables et malicieuses jumelles, Armen, le fils vénéré en pleine crise d'adolescence, une soeur à marier un peu revêche, et la vieille mère qui règne sur la maisonnée, dans le quartier arménien d'Abadan.

    Pourtant la très modeste Clarisse va bientôt révéler sa nature de personnage tchekhovien quand de nouveaux voisins viennent bouleverser l'équilibre affectif de notre femme invisible...

    Immense succès en Iran, le premier livre d'une romancière adulée de ses lecteurs.

    Romancière, traductrice, Zoyâ Pirzâd, née à Abadan d'un père iranien d'origine russe et d'une mère arménienne, fait partie de ces auteurs iraniens majeurs qui ouvrent sur le monde l'écriture persane sans rien céder de leur singularité. C'est moi qui éteins les lumières, immense succès en Iran, salué par de nombreux prix, dresse avec justesse et drôlerie le portrait d'une société patriarcale scellée par les usages et traditions des femmes.

  • « Tu seras toujours la femme de ma vie. » Dans le vacarme dun réveillon de nouvel an, María nentend pas ce que Floki, son mari, lui annonce : il la quitte pour son collègue, spécialiste comme lui de la théorie du chaos.
    Heureusement, dans la nuit de lhiver polaire, Perla est là, charitable voisine dà peine un mètre vingt, co-auteur de romans policiers et conseillère conjugale, qui surgit à tout moment de son appartement de lentresol pour secourir fort à propos la belle délaissée...
    Ni Perla la naine surdouée, ni María lépouse idéale démunie devant une orientation sexuelle désormais incompatible, ni les autres acteurs de cette comédie dramatique à lislandaise adorables bambins, belles-familles consternées ou complices, père génétique inattendu ne détournent le lecteur dune alerte cocasserie de ton, dune sorte denjouement tendre, de brio ininterrompu qui font de lException un grand roman de la déconstruction et de la reconstruction narcissique à la portée du commun des mortels. Après limmense succès de Rosa candida et de lEmbellie, merveilleux viatiques que lon garde en mémoire et au cur, Auður Ava Ólafsdóttir nous revient avec lException, poursuivant son étude de murs à travers un personnage bousculé par le sort qui prend sur lui, avec esprit et humour, toutes les méchantes drôleries de linconstance humaine.

    Auður Ava Ólafsdóttir vit à Reykjavík. LException, paru en Islande fin 2012, est traduit pour la première fois en français et conjointement en Espagne (Alfaguara) et en Italie (Einaudi).

  • On s'y fera

    Zoyâ Pirzâd

    Quand on découvre que Zardjou, l'homme qui remet en question la vie d'Arezou, est marchand de serrures, on peut y voir l'ironie d'un signe plus subtil qu'il n'y paraît. Les apparences sont trompeuses ; on entre avec plus de vigilance et de curiosité dans une belle histoire d'amour. À travers le destin d'une femme active, divorcée, partagée entre sa mère et sa fille, trois générations s'affrontent dans un monde où règnent depuis longtemps les interdits et le non-dit. On suit Arezou, au bord du rire ou des larmes, sous la neige, espérant avec elle profiter enfin d'une certaine beauté de la vie. Dans un roman d'une richesse et d'une vigueur exceptionnelles, Zoyâ Pirzâd brosse à la fois le portrait d'une société pleine de contradictions et celui d'une femme passionnante, aussi drôle et attachante qu'une héroïne de Jane Austen.

  • Voici le nouveau volet d'une histoire qu'on voudrait sans fin tant elle est captivante et considérable. L'histoire que « Pram » racontait à ses compagnons de bagne sur l'île de Buru - une histoire aventureuse et romanesque, une histoire politique aussi, qui nous emmène à Surabaya, en Indonésie, au tournant du siècle.

    Jeune intellectuel javanais, Minke s'est vu ravir sa femme au lendemain de leurs noces. À Ontosoroh, concubine d'un riche colon, on a ravi sa fille, et bientôt le domaine qu'elle a mis une vie à bâtir. Face aux rouages bien rodés de la domination coloniale, Minke et Ontosoroh sont désormais indéfectiblement liés. Le combat n'en est qu'à ses débuts...

    En rencontrant Surati, défigurée volontaire pour échapper aux griffes du directeur hollandais de la sucrerie, ou Trunodongso, paysan exproprié et ses rêves de sédition, Minke se décide à prendre la plume, et à écrire au nom de son peuple.

    Par sa richesse romanesque et sa force d'évidence, Enfant de toutes les nations est une oeuvre majeure, où l'on entre pour ne plus ressortir, sinon heureux d'avoir intimement perçu, à travers la conscience d'un homme, une comédie humaine à la mesure des peuples et du monde moderne.
    Pramoedya Ananta Toer est né en 1925 sur l'île de Java. Après avoir été emprisonné par le gouvernement colonial hollandais de 1947 à 1949, il est envoyé en 1965, sous la dictature de Suharto, au bagne de Buru, dont il sort en 1979 sous la pression internationale. Grand humaniste, fidèle à ses idéaux jusqu'à la fin de sa vie en 2006, il est surveillé et systématiquement censuré.

    Son oeuvre est immense - plus de cinquante romans, nouvelles et essais, traduits dans près de quarante langues.

  • Du monde, la jeune et jolie Kounnioupattoumma ne sait rien, si ce nest que son grand-père avait un éléphant ! Fille de notables musulmans, elle est en âge dêtre mariée. Mais pour sa mère, les prétendants ne sont jamais assez beaux, jeunes, riches, puissants... Surtout quand on songe à la splendeur passée du grand-père à l'éléphant.
    Hélas, voilà la famille ruinée. Adieu vaste demeure, domestiques, bijoux en or ! Kounnioupattoumma peut enfin goûter aux délices de la baignade en attendant des jours meilleurs...

    Avec un profond amour des êtres, quil ne désespère pas déduquer et de distraire, Basheer mêle à la perfection vérité et humour. Grand-père avait un éléphant est traduit pour la première fois en français. Il y a chez ce Maupassant indien une drôlerie sagace, un brio enchanteur et pathétique, une fantaisie et une liberté rayonnantes. Ce qui est fascinant, dans lunivers de Basheer, cest quon y entre de plain-pied, avec une familiarité et un enthousiasme quon a tout de suite envie de partager.

    Vaikom Muhammad Basheer (1908-1994) est né à Vaikom, au Kerala (côte sud-ouest de l'Inde). À l'adolescence, il s'échappe de chez ses parents afin de participer au mouvement de lutte pour l'Indépendance de l'Inde. Il connaît la prison pour ses positions et activités politiques, puis passe de nombreuses années à voyager à travers toute l'Inde, côtoyant sages hindous et mystiques soufis. Il est l'un des écrivains les plus importants de la littérature malayalam contemporaine, dont l'existence a suivi de près la trajectoire mouvementée de son pays en chemin vers l'Indépendance. Et l'auteur de très nombreuses nouvelles et plusieurs romans courts. Le gouvernement indien lui a attribué le prestigieux prix Padmashri en 1982.

  • Ils sont jeunes, islandais, pétris d'idéaux, poètes en devenir, fêtards et amateurs de Bob Dylan. Haraldur et Jonni prennent la route. Leur voyage doit les mener jusqu'en Inde, en passant par Rome et les îles grecques. Ils commencent par se faire embaucher dans les montagnes norvégiennes, et squattent chaque fin de semaine à Oslo, où la bière est en vente libre. En cet été 1978, les dernières utopies sont encore bien vivantes, mais peut-être plus pour longtemps. Haraldur écrit ses premiers textes... et tombe amoureux d'Inga.
    Roman initiatique, Un été norvégien brosse le portrait d'une Beat Generation nordique en pleine désillusion. Reste la littérature, et l'amour !

  • Jeune diplômé désargenté, Satyacharan accepte un poste de régisseur aux confins du Bihar, dans le nord est de l'Inde. Quittant Calcutta, ce Bengali raffiné et mondain est bientôt fasciné par l'exubérance de la faune et de la flore et par la diversité des habitants de ce vaste domaine forestier.

    L'illustre roi des Santals garde ses vaches à l'ombre d'un banyan sacré, Yugalprasad embellit la jungle en y plantant de nouvelles espèces, Dhaturiya préfère danser sans manger plutôt que travailler aux champs...
    Satyacharan sait qu'il est le dernier témoin d'un formidable écosystème ; il doit pourtant en orchestrer la disparition. Son rapport au monde en sera à jamais bouleversé.

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